Pour Anny S.

 

Acres de blancheur, festin déroulé de l’œil ahuri.
La prairie serpente, les foins roucoulent,les arbres dansent
Dans la musique des flocons voltigeurs, le jour se cambre.
Cuillère de tes reins chauds, miel de ta peau ambre,
Je neige à plein ciel dans un monde où tu vente,
Mes voiles, celles naissantes de mon ventre,
Les papillons velus de toute ma charpente.

Hectares frissonnants, octaves resplendissants,
Le vin rouge de ta bouche sur mes lèvres coquillages
C’est dans l’aube des mots que je bois ton rivage.
 

Arpents d’arpèges dénués de pièges effarants
Nos corps désarmurés palpitent
Pépites, quasar, émergence de l’instant,
Poésie du grain de peau tendre,
Tout le musc frétillant de nos vulves,
Toutes les courbes du désir de nos glands.

José